L'essentiel de la conférence de Raymond Abel du 14 mars 2009
L'acception du mot "développement" dans ce qui suit : « fait pour que quelque chose de progresser ».
La situation
La prise de conscience de l'impératif d'harmonisation entre économie et écologie pour instaurer un développement durable de l'humanité, date de quelques décennies.
- Rapport de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) 1951
- Rapport «Halte à la croissance» du Club de Rome 1970
- Conférence des Nations-Unies/Environnement humain Stockholm 1972
- «Notre avenir à tous» de Madame Gro Harlem Brundtland, 1erMinistre Norvège 1987
Aujourd'hui, les progrès accomplis sont dérisoires, le chemin parcouru est insuffisant, certaine urgences deviennent dramatiques, certaines dérives atteignent leur point de non retour.
L'objectif et la méthode
Il faut faire adopter à l'ensemble de l'espèce humaine des comportements raisonnés et raisonnables, car à des degrés différents, tous les faits et gestes de l'homme favorisent ou compromettent le
développement durable. Cependant, toute disposition locale non relayée au niveau mondial est vouée à l'échec. Il est indispensable d'agir de concert. Il faut raisonner en "Citoyen du Monde".
Un développement durable ne peut émaner que de la conjonction de comportements individuels et collectifs coordonnées et cohérents.
L'établissement d'un plan universel de développement durable à appliquer à l'ensemble de l'humanité est un leurre. Il faut donc, traiter les problèmes un par un, progresser inlassablement par
touches successives et répétées.
Chaque problème peut être traité par un groupe de travail adapté et bien entendu, plusieurs groupes peuvent œuvrer simultanément sur le même problème ou sur des problèmes différents. L'ensemble
des travaux effectués doit se replacer dans un ensemble cohérent.
Les problèmes ponctuels
Leur nombre tend vers l'infini, mais leur importance, leur urgence, leur portée, leurs interdépendances déterminent un ordre dans lequel il est logique, voire nécessaire de les aborder. Une
première réflexion globale doit permettre d'établir cet ordre d'urgence.
La discussion du 14 mars 2009, par les problèmes évoqués, a bien fait apparaître la nécessité de cette démarche.
Les dérives de la finance internationale traitées, à titre d'exemple compte-tenu des blocages qu'elles entraînent, n'éliminent aucunement les sujets ponctuels tout aussi cruciaux qui ont été
soulevés :
* Les améliorations ponctuelles, du sort des plus démunis - équilibrage Nord/Sud - démographie mondiale - destructions et empoisonnements du milieu naturel - exploitation
délétère des ressources - lutte contre les tricheurs et prédateurs de Société - rôle du Politique, du Citoyen, des médias...
* Mais aussi et probablement d'abord, les fondements indispensablessans lesquels rien ne peut être solide ou durable. C'est le cumul de pratiques nuisibles bien ancrées, dans le
capitalisme, le libéralisme, chez les grands prédateurs de Société, trop souvent chez les Citoyens eux-mêmes, qui annihile toute tentative de progrès maniste, écologique, social... L'abstraction
des valeurs morales de chaque fonction économique en est la cause. Chaque rôle exercé dans l'économie doit intégrer les valeurs morales indispensables à sa salubrité civique,
la déontologie que chacun se doit d'appliquer avec la plus grande rigueur dans son rôle.
* Et puis, les progrès du système économique lui-même, le capitalisme présente entre autres la lacune majeur de ne savoir répondre qu'aux besoins solvables. N'ayant aucune garantie à proposer
à la banque, le pauvre est exclu des circuits économiques; il faut être imaginatif et l'y réintégrer (des amorces de solutions existent voir «Grameen Bank» et «Social Business»).
Le plan de travail
Il est constant et s'impose de lui-même :
1 - formuler, expliciter avec précision, compétence et objectivité la ou les dérives que nous dénonçons,
2 - étudier avec autant de précision, compétence et objectivité les mesures que nous préconisons et revendiquons,
3 - transmettre les revendications de changement à ou aux instances concernées par le ou les canaux accessibles, les plus appropriés. Chaque problème posé est toujours du ressort d'une gouvernance publique ou privée, ou du Citoyen,
4 - suivre les évolutions, de chaque démarche engagée, relancé, enchaîné,
5 - enregistrer méthodiquement les progrès obtenus et veiller à leur application.
L'engagement
Il consiste, d'abord, à projeter le problème abordé dans le plan de travail en s'engageant dans une démarche de progrès. Chaque individu ou chaque groupe de travail doit se préciser à lui-même ce
qu'il ambitionne d'atteindre de façon à pouvoir mesurer en permanence où il en est par rapport à son objectif. Faute de prendre cette précaution, beaucoup d'initiatives enthousiastes au départ
tournent à la dispersion, à la confusion, au sentiment d'impuissance, puis à l'abandon.
L'objectif à atteindre par le plan de travail établi, c'est la prise de conscience de la charge que représente l'engagement, c'est un repère et un re-centrage permanent durant la
démarche.
Raymond Abel
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