La mission de l’école de la République et les valeurs qu’elle défend sont-elles toujours d’actualité ?
par José Gomez
Propos liminaires
Mes propos portent sur la mission de l’école. J’utilise volontairement le singulier pour éviter de surcharger ce service public d’obligations supplémentaires qui ne sont pas inscrites dans le « premier cahier des charges ».
L’école publique est l’école dont le fonctionnement est assuré par l’État républicain ; elle accueille tous les enfants en âge d’être scolarisés, vivant sur le territoire français, sans distinction de sexe, de religion, de classe sociale, d’origine ethnique ; elle leur ouvre l’accès à l’instruction générale.
Son rôle est également civique puisque, laïque, elle est, pour reprendre un mot de Maurice Agulhon, « le ciment de la République ».
Le mot « mission » peut provoquer quelques sourires, en raison de ses connotations religieuses ou militaires. Mais, il y a de nobles missions ! « Mission » implique responsabilité ou sens des responsabilités, chez ceux qui sont engagés ou qui s’engagent dans l’aventure de l’école publique.
Reflet de la société, l’école cristallise aujourd’hui de nombreuses inquiétudes qui se traduisent notamment par la difficulté qu’éprouve l’ensemble des acteurs du système éducatif à définir le contenu de ses missions.
Depuis trente ans, l’école a dû faire face à deux mouvements d’importance. D’une part, la généralisation de la scolarisation de l’école primaire au lycée ; d’autre part, l’accroissement de l’offre de formation qui se décline notamment dans les lycées au travers de multiples options.
Malgré ces évolutions, les carences de la société alourdissent les exigences à l’égard de l’école. La crise économique, le chômage, la dislocation de la cellule familiale, l’effacement des liens sociaux traditionnels, renforcent les difficultés de l’école, si bien qu’il n’existe pas aujourd’hui de difficulté sociale, de carence du monde moderne que l’on ne demande à l’école de pallier.
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